La hausse des tarifs bancaires depuis quinze ans

Malgré l’encadrement légal et les mesures mises en place pour protéger les consommateurs des pratiques peu scrupuleuses des banques, on observe une hausse régulière des tarifs bancaires depuis quinze ans. C’est en effet le constat réalisé par l’association de défense des consommateurs UFC – Que choisir, souligné dans le numéro d’avril 2012 de son magazine. Au-delà des écarts observés entre les différentes banques, c’est également le manque de transparence et de bonne volonté qui est pointé du doigt.

Les obligations des banques en matière tarifaire

Le code monétaire et financier, qui régit l’activité des banques en France, précise l’obligation de respecter le principe de « droit au compte » pour les établissements bancaires. Ces derniers sont par conséquent contraints de proposer à leurs clients un compte bancaire gratuit, accompagné de douze services bancaires de base. Cependant, même si cette obligation est importante, elle reste néanmoins incomplète, offrant ainsi aux banques la possibilité de contourner le vide juridique existant.

En effet, si les banques sont soumises à l’obligation pré-citée, le code monétaire et financier ne mentionne pas la gratuité ou le caractère payant de ces services de base. D’où l’habitude des banques de se faire rémunérer, pour ce qu’elles appellent la « gamme des moyens de paiement alternatifs au chèque ».

Et la réalité est sans appel. BNP Paribas est l’unique banque à proposer gratuitement tous ces services, de la tenue de compte à l’autorisation de prélèvements, en passant par l’envoi de relevé de compte mensuel. Les autres pratiquent des tarifs allant de 28 € par an pour la Banque Postale à 36 € pour LCL-Crédit Lyonnais, et 39 € pour la Caisse d’Épargne Bretagne Pays de la Loire.

Outre cette obligation de « droit au compte », les banques sont également contraintes, depuis 2011 et la loi Lagarde, de mettre à disposition des clients un dépliant informatif concernant les tarifs bancaires des dix opérations les plus fréquentes. Là encore, l’UFC-Que choisir constate un manque de transparence véritable, rendant l’information opaque pour les consommateurs.

Les services bancaires en chiffres

Si la plupart des banques pratiquent des prix relativement modérés, d’autres n’hésitent pas à proposer des prestations à des tarifs excessifs, à l’image de CIC de l’Ouest et du Crédit Mutuel Est, facturant respectivement 120 € et 200 € les opérations de tenue de compte.

L’association de défense des consommateurs a aussi relevé, dans son enquête, l’augmentation du prix des services concernant la carte bancaire. Le Crédit Mutuel prélève ainsi 34,85 € chaque année pour la cotisation des cartes de paiement, le Crédit Coopératif facture quant à lui 35,80 €, La Banque Postale 36,50 € et le Crédit Agricole Midi-Pyrénées 39 €.

Enfin, l’UFC-Que choisir précise que c’est sur certains services précis, comme le retrait d’argent dans les distributeurs concurrents, l’assurance perte ou vol ou les contestations de paiement que les banques se rémunèrent le plus.

Il semble donc plus que jamais essentiel d’accorder une attention particulière à l’étude des coûts pratiqués par les banques, afin de bénéficier du meilleur rapport qualité/prix.